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Au milieu de nulle part, une cité ouvrière vidée de sa population depuis quelques années déjà.
Pourtant, certains habitants ont décidé d'y rester, plus par choix que par nécessité, parce que c'est là qu'ils sont nés et qu'ils ont grandi.Parmi eux il y a Francis, l'ouvrier consciencieux qui continue d'entretenir la machine sur laquelle il a travaillé toute sa vie ; Samir, son fils , qui revient dans le quartier après une longue absence ; mais aussi Maria, la voisine, vivant seule avec son fils José qui veut croire que son père est Gary COOPER.
Il va donc l'attendre tous les jours dans la ruelle de ce no man's land contemporain, qui ressemble à s'y méprendre à un décor de Western... -
NASSIM AMAOUCHE
RÉALISATEUR CINÉMA
En 2003, il réalise son premier court métrage De l'autre côté. Le film est sélectionné dans de nombreux festivals, Semaine de la Critique à Cannes, Locarno, Venise (programme parallèle), Clermont-Ferrand et reçoit le prix découverte du Syndicat Français de la Critique de Cinéma, le prix spécial du jury au Festival Henri Langlois de Poitiers, le prix de la meilleure oeuvre au festival de Tanger et le prix à la qualité après réalisation du CNC. Il réalise, en 2005, Quelques miettes pour les oiseaux, un documentaire tourné à la frontière irakienne, côté jordanien. Le film est sélectionné à la Mostra de Venise, au festival de Locarno, au Festival du réel à Beaubourg... et obtient de nombreux prix dont le Prix de la Presse au Festival de Clermont-Ferrand.
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ENTRETIEN AVEC NASSIM AMAOUCHE
Adieu Gary se déroule en majeure partie dans une étonnante cité ouvrière totalement authentique. Comment l'avez-vous trouvée ?
Adieu Gary parle de la fin d'une certaine époque ouvrière... et du début d'une autre, d'une transformation. Le décor du film devait en être ce double reflet sans surligner mon propos. Plus prosaïquement, je cherchais un lieu cinématographique
Mes producteurs et moi savions que cela n'allait pas être des repérages faciles et ils m'ont permis de les débuter très tôt.
J'ai longtemps cherché et fini par trouver la Cité Blanche du Teil , en Ardèche, une cité ouvrière construite par le groupe Lafarge au début du siècle, qui à compté jusqu'à 1200 habitants et n'en abrite plus que 4 aujourd'hui.
Elle porte tous les stigmates d'une époque révolue en étant toutefois encore habitée. Sa rue principale qu'on jurerait sortie d'un décor de western a fini de me convaincre totalement. Je n'avais quasiment rien à réécrire, à peine à adapter. C'était là-bas et pas ailleurs qu'il fallait tourner.
Elle contribue à l'atmosphère de réalisme poétique d'Adieu Gary.Il est certain que cette cité impose un climat. Elle permet de naviguer entre une certaine réalité documentaire et des échappées fictionnelles qui me tenaient à cur. Pour moi, la poésie c'est la capacité de saisir l'essence même du réel pour la tirer vers l'abstraction.
Je voulais faire un film en prise directe avec une réalité sociale sans m'interdire quoi que ce soit au niveau formel, ne pas forcément aller vers le naturalisme absolu parce que mes personnages sont issus du monde ouvrier.
Je comprends les réticences « morales » de certains réalisateurs qui ne veulent pas esthétiser la misère ; mais pourquoi s'interdire de « rendre beaux » ceux qui y vivent ? Les prolos ont eux aussi droit aux projecteurs, aux travellings et au 35 mm.
La morale est pour moi la recherche d'une certaine vérité et la vérité n'est pas nécessairement la vraisemblance.Une certaine tendresse émane d'Adieu Gary ...
La tendresse n'est pas un gros mot à mes yeux. Je l'assume totalement. Au cinéma comme dans la vie, on a tendance à l'assimiler à l'angélisme voire à la mièvrerie.
Je crois que la tendresse que vous ressentez dans le film n'empêche pas de saisir la véritable dureté du propos.
Le dernier plan du film, par exemple, est pour moi d'une réelle violence parce qu'il exprime quelque chose d'arbitraire, de froid, d'implacable.
Ma plus grande fierté serait d'avoir raconté une histoire qu'on peut trouver gentille, sucrée mais qu'au final, pendant le générique, les spectateurs se disent que le bonbon avait un arrière-gout acidulé. J'espère que mon film transmet cette ambiguïté.Cette ambiguïté est là bien avant le générique de fin. Par exemple quand dans une scène, vous montrez un local syndical dont une pièce est devenue une mosquée. Ce qui met sur le même plan des croyances et des valeurs différentes.
Que dans certains quartiers populaires on soit plus sensible à la religion qu'à Karl Marx est une réalité objective ; j'ai fait de mon mieux pour rester descriptif, ne pas imposer de jugement. A titre personnel, je ne crois pas que la croyance religieuse aide à mieux vivre ensemble et pourtant je deviens plus optimiste lorsque je rencontre des gens qui croient fort en quelque chose plutôt qu'en rien du tout. La transformation de ce local en mosquée exprime à la fois une certaine tristesse (voire une certaine peur) et un réconfort possible face à un changement, des mutations, de l'énergie, de la vie qui s'affirment.
Vous montrez pourtant dans Adieu Gary une jeune génération quasi passive, acquise à certains travers du monde actuel. Par exemple quand ils sont en pleine partie d'un jeu vidéo sur la guerre en Irak...
Cette scène est purement inspirée de la réalité : à une époque, j'habitais à Belleville et n'ayant pas Internet chez moi j'allais dans un cybercafé ou plein de gamins de toutes origines (dont beaucoup de jeunes issus de l'immigration maghrébines) jouaient à ces jeux de guerres simulant la guerre Américano-Irakienne.
Certains choisissaient de faire partie de l'Armée Américaine, d'autres d'être du camp des « terroristes ».
J'ai fini par leur demander ce qui guidait leur choix. Ils m'ont répondu que c'étaient le choix des armes, certains préféraient le fusil à lunettes et les tanks de l'armée Américaine, d'autres les grenades et les armes blanches des Irakiens.
Cela m'a déprimé. Je crois que j'aurais presque préféré qu'ils fassent des choix idéologiques. Encore cette préférence pour la croyance plutôt que pour le cynisme...En contrepoint à ça, Samir, est le seul personnage qui fait un choix clair, assumé.
Il représente clairement pour moi, une idée de liberté. Il refuse une vie programmée, d'esclave. Il cherche sa voie propre, personnelle. J'aime tous les personnages du film, mais je suis particulièrement attaché à lui.
Autre attachement à la réalité d'Adieu Gary, cette facilité à montrer une famille aux membres de différentes origines, sans jamais les stigmatiser.
C'est venu très naturellement. Sans faire aucune comparaison avec mon film, la première fois que j'ai vu que c'était possible au cinéma, c'est avec Shadows de Cassavetes. J'ai d'abord logiquement cherché à me repérer dans la famille qu'il filme où il y a des noirs, des mulâtres, des métis jusqu'au moment où je ne m'en suis plus soucié parce que ça n'a pas d'importance. Il l'impose en tant que tel, point. J'avais trouvé l'idée géniale. Elle m'a conforté dans le principe qu'il ne fallait pas s'attarder sur les origines des personnages d'Adieu Gary. D'autant plus que cette famille correspond à la France dans laquelle j'ai grandi. Je me suis malgré tout senti obligé d'apporter une petite justification : quand Francis parle de la mère de Samir et d'Icham on comprend qu'il s'agit d'un mariage mixte. J'avais peur que sans cette explication le film nourrisse de mauvais questionnements.
Hormis Samir, il y a un autre personnage à part dans cette famille : José.
Je me suis inspiré d'une tradition des contes d'Afrique du Nord, où la figure du fou est importante. Généralement, il s'y avère que ce « fou » est la seule personne lucide où qu'ou bien il est en fait purement symbolique. José, qui attend toute la journée le retour de son père qu'il prend pour Gary Cooper vient clairement de là. Cooper reste la pure incarnation du héros dont l'Amérique avait besoin après la crise de 1929 : viril, puissant. Le mythe triomphant du rêve capitaliste...Seul un fou peut croire qu'il reviendra...
Ce cow-boy amène forcément une part de mythologie. Avez-vous un attachement particulier à la figure hollywoodienne qu'était Gary Cooper ?
Non, pas spécialement, mais au genre du Western énormément.
Dans Adieu Gary, les deux personnages féminins, Maria et Nejma, semblent plus certaines sûres d'elles que les autres personnages...
C'est volontaire. En tant que femme, elles connaissent une discrimination de plus que les autres. J'ai le sentiment que ça les conduit à être plus armées dans la vie que les hommes. J'aime l'idée que ce soient les seuls personnages qui ne soient pas résignés et vraiment lucides sur leur situation.
En outre elles ne vivent pas dans le passé, ce que font tous les autres personnages. Mais je n'ai pas intellectualisé plus que ça ces rôles. Je crois, plus simplement, que ça me faisait plaisir de les représenter ainsi à l'écran.Propos recueillis par Alex Masson
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JEAN-PIERRE BACRI
FILMOGRAPHIE
2008
ADIEU GARY
Nassim Amaouche
PARLEZ-MOI DE LA PLUIE
Agnès Jaoui
2006
SELON CHARLIE
Nicole Garcia
2004
COMME UNE IMAGE
Agnès Jaoui
2003
LES SENTIMENTS
Noémie Lvovsky
2002
UNE FEMME DE MENAGE
Claude Berri
ASTERIX ET OBELIX : MISSION CLEOPATRE
Alain Chabat
2000
LE GOUT DES AUTRES
Agnès Jaoui
1999
KENNEDY ET MOI
Sam Karmann
DOMINIQUE REYMOND
FILMOGRAPHIE
2008
ADIEU GARY
Nassim Amaouche
LE PLAISIR DE CHANTER
Ilan Duran Cohen
LES MURS PORTEURS
Cyril Gelbat
LE NOUVEAU PROTOCOLE
Thomas Vincent
L'HEURE D'ETE
Olivier Assayas
2007
IL SERA UNE FOIS
Sandrine Veysset
L'HEURE ZERO
Pascal Thomas
LE DERNIER DES FOUS
Laurent Achard
2005
L'ENFER
Danis Tanovic
2004
MA MERE
Christophe Honoré
NE FAIS PAS CA
Luc Bondy
DEMAIN ON DEMENAGE
Chantal Akerman
YASMINE BELMADI
FILMOGRAPHIE
2008
ADIEU GARY
Nassim Amaouche
COUPABLE
Laêtitia Masson
2006
BEUR BLANC ROUGE
Mahmoud Zemmouri
2004
WILD SIDE
Sébastien Lifshitz
GRANDE ECOLE
Robert Salis
2003
QUI A TUE BAMBI ?
Gilles Marchand
FILLES UNIQUES
Pierre Jolivet
2001
LES GENS EN MAILLOT DE BAIN NE SONT PAS (FORECEMENT) SUPERFICIELS
Eric Assous
2000
UN DERANGEMENT CONSIDERABLE
Bernard Stora
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Equipe Artistique

Francis Jean-Pierre BACRI Maria Dominique REYMOND Samir Yasmine BELMADI Icham Mhamed AREZKI Nejma Sabrina OUAZANI José Alexandre BONNIN Abdel Hab-Eddine SEBIANE Le Père d'Abdel et Nejma Mohamed MAHMOUD Azzedine Azzedine BOUABBA Le voisin de Francis Bernard BLANCAN Le Laborantin Frédéric HULNÉ Le Nouveau Voisin Abdelhafid METALSI Joueur de Oud Samir JOUBRAN Homme supermarché Riad BERHAIL L'Ange Mariam KONÉ TechniqueRéalisation et scénario Nassim AMAOUCHE 1er assistant réalisateur Carlos DA FONSECA PARSOTAM 2ème assistante réalisateur Stéphanie REVEL Image Samuel COLLARDEY Son Dana FARZANEHPOUR Montage Julien LACHERAY Décors Dan BEVAN Musique LE TRIO JOUBRAN Casting Brigitte MOIDON Costumes Jette KRAGHEDE Direction de production Julien BOULEY Producteurs délégués Jean-Philippe ANDRACA Christian BÉRARD Administrateur de production Sébastien BOITEUX Régisseur général Julien BOULEY Coordinatrice de production Léa SADOUL Administratrice de production Marie DANIS Coproduction LES FILMS A4 STUDIOCANAL RHONE-ALPES CINEMA


















